La politique n’est pas une science exacte. Elle suppose de s’adapter en permanence aux circonstances et aux hommes, en prenant en considération les réalités du moment. Les élus municipaux que nous sommes doivent intégrer cette dimension dans la conduite des affaires locales, quitte à modifier un projet pour permettre son aboutissement – faute de quoi, il risque de ne jamais voir le jour. L’exemple de la redynamisation du quartier du Bourg est, à cet égard, tout à fait révélateur.
Depuis plus de quatre ans, une procédure de « Zone d’Aménagement Concertée » (ZAC) avait été engagée pour rénover le centre-ville de Caluire et Cuire, sous l’égide du Grand Lyon et en partenariat avec la Ville. Objectif : améliorer la qualité de vie du centre historique et son habitat, mettre en valeur le patrimoine existant, développer le potentiel commercial, créer des espaces publics fédérateurs et des cheminements adaptés. Mais la mise en œuvre de cette procédure, les études qui en découlaient, ainsi que les acquisitions foncières, ont conduit à réévaluer le coût total de cette opération de 23,4 à 44,2 millions d’euros, générant un bilan prévisionnel de ZAC extrêmement déficitaire.
Dans ces conditions, la Ville de Caluire et Cuire et la Communauté urbaine viennent d’opter pour une solution alternative : le « Plan d’Aménagement d’Ensemble » (PAE), qui permet la réalisation d’un programme d’équipements sur le foncier maîtrisé, comprenant des voiries et des espaces publics, en associant des opérateurs privés, et à un moindre coût (évalué à 12,1 millions d’euros). Ce PAE a été adopté à l’unanimité lors du conseil municipal de mars dernier, traduisant une volonté réaffirmée de faire aboutir dans les meilleurs délais le projet de réaménagement du centre-ville.
Au final, l’abandon de la ZAC, qui reposait sur une procédure lourde et complexe, pour la remplacer par un PAE, plus souple et plus économique, illustre une double ambition : celle d’avancer dans la réalisation de tous les projets pour lesquels nous avons été élus, d’une part ; mais aussi celle de faire preuve de suffisamment de pragmatisme et d’ouverture d’esprit pour reconsidérer certaines démarches, repenser certaines approches lorsque cela est nécessaire. Telle est notre perception de l’action publique, fondée sur le réalisme et le sens des responsabilités, bien loin des postures idéologiques et des dogmes.
Les élus de la Majorité municipale
dimanche 2 mai 2010
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